Edgard Maxence (1871-1954) a subi le même oubli relatif qui a touché l’ensemble des peintres liés à la mouvance symboliste. Pourtant, élève particulièrement apprécié de Gustave Moreau et d’Élie Delaunay, influencé par les préraphaélistes anglais, il s’illustre tout au long de sa carrière par ses succès aux Salons. Reconnu par la critique de son époque comme l’un des plus grands portraitistes, Maxence fait également preuve de singularité dans le choix de ses sujets : les figures idéales baignant dans une atmosphère médiévale, les postures en prière, la tradition bretonne ou encore les représentations de ses proches dénotent la construction d’un monde intime et spirituel qu’il dévoile dans chacune de ses œuvres. Le trouble, provoqué par des tableaux tels que L’Âme de la forêt ou Les Fleurs du lac, naît de ces regroupements de personnages aux sentiments indéfinissables et aux visages impassibles, tantôt le regard perdu au loin, tantôt semblant scruter le spectateur sans même le voir. Éclipsant le sujet, la technique ou même la représentation, la force de suggestion s’impose alors et fascine.
« … le talent de Maxence est particulier : brillant coloriste, compositeur habile, technicien subtil, il crée un monde à part. Il a recherché des correspondances entre les titres et les sujets peints, a joué des contrastes entre le paysage et le modèle, a accordé un grand soin aux détails. Surtout, il est parvenu à rendre dans ses œuvres une atmosphère rêveuse et énigmatique, ce qui en fait le dernier des symbolistes. » Cyrille Sciama
Exposition au musée des Beaux-Arts de Nantes du 21 mai au 19 septembre et
au musée de la Chartreuse de Douai
du 16 octobre au 17 janvier 2011
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